Cet article provient du magazine Préfon.info #68, le consulter.

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Les jeunes et le service public : le sens et les métiers d’abord

Le service public se place juste derrière le luxe dans la liste des secteurs préférés des jeunes. Une aspiration que la Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) et le Réseau des écoles de service public (RESP) s’efforcent de transformer en un véritable engagement. Avec notamment Choisir le Service public, marque immédiatement reconnaissable, la fonction publique s’affiche désormais en grand.

Sur les 746 000 jeunes sortis de formation initiale entre octobre 2016 et octobre 2017, l’étude(1) du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq) réalisée en collaboration avec le service statistique de la DGAFP révèle que, six ans plus tard, 13% travaillent effectivement dans le secteur public. Parmi ceux-ci la moitié avait déjà fait ce choix dès la sortie des études. Et 44% des jeunes entrés précocement avait un parent fonctionnaire. Ces chiffres semblent démontrer une forte reproduction sociale et une attractivité restreinte de ces métiers. Or, l’étude de 2025 de l’Institut Montaigne bat en brèche ce constat. Elle indique qu’un jeune sur deux place l’administration dans la liste des secteurs où il accepterait de travailler, juste derrière le luxe et avant le monde associatif.

Du sens et une véritable envie de servir

Ce résultat n’est pas si surprenant pour Johanne Fora--Porthault, présidente de l’association Fonction Publique du 21ème siècle,  arrivée par hasard  dans le secteur public :  La plupart des jeunes actifs aimerait travailler dans des métiers qui ont du sens et c’est un atout indéniable du service public . Un constat que partage Laurent Kihl, directeur de l’Ecole nationale des officiers de sapeurs-pompiers (ENSOSP) et président du RESP :  Le service public propose des métiers qui permettent de travailler pour le bien commun, des métiers atypiques, jamais simples et qu’on ne trouve pas forcément ailleurs. Et nos jeunes ont besoin de ça.  La jeune génération a en effet une appétence forte pour l’intérêt général. La grande enquête Youthtalks menée dans 212 pays constate ainsi leur attachement profond aux valeurs qui permettent le  vivre ensemble .  Ce que les jeunes cherchent à faire, c’est construire la société de demain  renchérit Johanne Fora--Porthault. La multiplicité des métiers, la possibilité de bâtir une carrière sans être enfermé dans le statut, la diversité des profils et missions sont donc autant d’atouts dont dispose le service public pour attirer les jeunes. Seul bémol : la rémunération parfois jugé insatisfaisante.

« La plupart des jeunes actifs aimerait travailler dans des métiers qui ont du sens et c’est un atout indéniable du service public. »

Choisir le service public, une marque reconnue

L’attrait des jeunes générations pour le service public est une bonne nouvelle. A condition de pouvoir le transformer en recrutement. Et dans des délais courts car la fonction publique subit le vieillissement démographique : un tiers de ces agents sera en retraite d’ici 2033. C’est pourquoi la DGAFP a investi le sujet depuis plusieurs années autour de quatre axes : promotion de l’accès à la fonction publique, diversification des viviers de recrutement, soutien à l’apprentissage et aux stages, accompagnement à la promotion des métiers.  On ne peut pas choisir ce que l’on ne connait pas , constate Mathilde Icard, Cheffe du service de la synthèse statutaire, du développement des compétences et de la donnée à la DGAFP,  la plupart des jeunes passe donc à côté de la variété de nos métiers.  La création de la marque Choisir le service public en 2022 a permis de pallier ce manque de visibilité des missions. Associée à une plateforme en ligne, elle met en valeur les offres d’emploi auprès des jeunes et donne aux employeurs publics l’opportunité de se faire connaître. En complément, le salon Choisir le service public offre la possibilité d’échanges directs avec les organisations. En 2025, il a rassemblé 7000 personnes.

« La plupart des jeunes passe à côté de la variété de nos métiers. »

Une mobilisation générale de l’administration publique

Depuis plusieurs années, ce travail visant à faire connaître le service public a été porté par tous les acteurs, grâce à un maillage impliquant notamment ministère de l’Education nationale et ministère de l’Enseignement supérieur. Il a abouti à la réorganisation des instituts régionaux d’administration (IRA) et des préparations aux concours, a favorisé le soutien aux instituts de préparation à l’administration générale (Ipag) et aux centres de préparation à l’administration générale (Cpag), et facilité le déploiement du dispositif Talents du service public ou celui les Cordées de la réussite. Et les résultats sont là : le nombre de candidats aux concours progresse et de plus en plus de jeunes choisissent de rejoindre un employeur public.

Préparer l’avenir

Pour autant, les efforts se poursuivent car il s’agit désormais d’adapter le service public à ce nouveau vivier  Nous avons travaillé sur le management intergénérationnel par exemple , explique Mathilde Icard,  pour créer les conditions d’un travail commun. Nous travaillons également sur le modèle de management public basé sur les principes du service public, l’agilité des organisations publiques et la qualité du travail. Les enjeux managériaux sont intégrés à toutes les politiques RH, management qui touche les comme les moins jeunes. D’ailleurs la Boussole du Manager est notre publication la plus téléchargée.  Les questions de l’attractivité, du recrutement, de la fidélisation irriguent ainsi toute la DRH de la fonction publique. On les retrouve dans le projet stratégique DGAFP 2030 ainsi que dans la revue stratégique de la fonction publique, actuellement en cours, qui engage une réflexion  sur les valeurs et principes de ce secteur bien différent du privé . Même démarche du côté du RESP où, précise son Président,  nos écoles évoluent en permanence pour répondre aux besoins des employeurs en privilégiant les mises en situation professionnelle, afin que les élèves puissent se projeter plus vite dans les structures où ils vont exercer.  Autant dire que la mobilisation ne s’arrête pas aux jeunes et vise à construire avec eux et pour eux la fonction publique de demain. Preuve est ainsi faite, dixit Laurent Kihl, que  l’adaptabilité fait partie de l’ADN du service public. 

« L’adaptabilité fait partie de l’ADN du service public. »

Colloque "Former au service public de demain"

Le Réseau fêtera ses 30 ans cette année et à cette occasion, un colloque sur la thématique  Former au service public de demain  est organisé le jeudi 10 décembre après-midi à Paris dans l’amphithéâtre Marceau Long.

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RESP : le teaser anniversaire

L’épargne retraite : un sujet encore lointain pour les jeunes(3)

En 2020, la moitié des moins de 34 ans déclarait s’attendre à recevoir peu ou pas de retraite. D’où l’intérêt que les jeunes portent aux dispositifs supplémentaires comme le PER. 20% des 25-34 ans le citent comme moyen d’améliorer sa retraite contre 14% pour le reste de la population. Toutefois avec un revenu moyen inférieur à 25000 €, leurs marges de manœuvre sont réduites. Ils doivent souvent arbitrer entre l’investissement immédiat dans un logement, la nécessaire épargne de précaution et la construction d’un revenu différé. D’où un choix majoritaire pour les livrets défiscalisés, pour plus de 91% d’entre eux. Pour autant leur intérêt pour la finance durable et leur préférence pour les usages numériques pourraient les amener à envisager une réallocation de leur épargne sur le temps long. Pour les jeunes fonctionnaires, la question clé est celle du taux de remplacement. Celui-ci a tendance à être inférieur à la moyenne du fait de la non-intégration des primes dans le calcul de la pension.

Les jeunes et la préparation de leur retraite

Préparer sa retraite quand on est jeune ? Un défi entre priorités du quotidien, méconnaissance des solutions et envie de placements responsables : découvrez dans cette émission Préfon.TV les clés pour s’y mettre dès aujourd’hui !

Cette émission propose un éclairage essentiel sur les enjeux de la préparation à la retraite pour les jeunes actifs, avec des conseils pratiques et une analyse fine des attentes et contraintes actuelles.

Vidéo

Préfon.TV, juin 2025

(1) De l’attrait à la réalité : l’accès à la fonction publique six ans après la sortie des études

(2) Ils seront transformés au 1er janvier en Instituts du service public

(3) Analyse Préfon des études parues entre 2023 et 2026 (COR, DREES, INSEE, AMF, DGAFP, Cereq, Cercle de l’Epargne, France Assureurs, Préfon Retraite)